En 1889, Camille Paris, un chef de poste français au Vietnam, fit une découverte surprenante au cœur des forêts de Quảng Nam : des temples oubliés, autrefois centre religieux du royaume Champa.
Cette découverte majeure attira l’attention de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), qui envoya une équipe de chercheurs pour mener une étude approfondie du site.
L’expédition fut dirigée par Henri Parmentier, un archéologue et historien de l’art renommé.
Les chercheurs ont découvert 71 temples cachés dans la jungle, qu’ils ont classés en 14 groupes architecturaux distincts.
Les photographies, dessins et journaux de fouilles publiés par l’équipe d’exploration française ont révélé la splendeur passée du sanctuaire de Mỹ Sơn, tout en documentant la structure des temples avant leur destruction partielle lors des guerres ultérieures.
L’histoire du sanctuaire de Mỹ Sơn est l’un des événements archéologiques les plus marquants d’Asie.
Aujourd’hui, pour tout voyageur visitant ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, comprendre son incroyable passé est une expérience incontournable.


Après 20 ans passés au Vietnam, Camille Paris était devenu un archéologue, cartographe et ethnologue passionné. Il a exploré, photographié et documenté de nombreux sites à travers le pays.
Paris découvrit les temples de Mỹ Sơn alors qu’il travaillait sur un projet de télégraphe reliant le Centre et le Sud du Vietnam.
En 1899, lorsque l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) envoya une équipe pour étudier le site, ils le nommèrent “Mỹ Sơn” (qui signifie “belle montagne”), reprenant le nom d’un village voisin.
Les fouilles archéologiques, les recherches et la restauration des temples de Mỹ Sơn s’étalèrent sur plusieurs années et furent marquées par de nombreuses campagnes de fouilles successives.
L’une des expéditions les plus documentées eut lieu entre 1903 et 1904, lorsque Henri Parmentier reçut le soutien du Charles Chapeaux, un archéologue français.
Ils partirent en mars 1903, mais l’exploration du site fut semée d’embûches : chaleur accablante, bêtes sauvages et végétation luxuriante recouvrant rapidement les ruines dès que les chercheurs s’éloignaient.


Les hommes du camp s’installèrent au pied de la montagne et construisirent une clôture de quatre mètres de long pour se protéger des sangliers et des tigres, des prédateurs qui avaient déjà coûté la vie à plusieurs membres de l’expédition.
Les fouilles avancèrent progressivement au fil des années, commençant par l’étude des temples découverts, avant de s’étendre à d’autres vestiges dans la région.
Dans son journal de bord, Charles Chapeaux a consigné les découvertes marquantes de l’expédition.
📜 Mars : Les tours blanches du temple A1 furent mises au jour.
📜 Juillet : Une statue intacte de Ganesha fut découverte.
📜 Août : Un vase en terre cuite rempli de bijoux précieux fut exhumé au pied de la tour C7. Deux lingas en or furent également retrouvés à proximité d’un bassin en argent.
📜 Septembre : Les tours E et F, parmi les plus anciennes du site, furent découvertes, révélant l’originalité architecturale des premiers temples hindous d’Asie.
Cependant, dès octobre, la saison des pluies s’installa, rendant le campement à Duy Xuyên de plus en plus humide.
L’architecte Henri Dufour, arrivé en janvier, fut mordu par un scorpion et dut être évacué vers Đà Nẵng immédiatement.
Le 7 février 1904, le site archéologique fut officiellement fermé.


En 1904, Henri Parmentier publia une étude détaillée sur Mỹ Sơn dans la revue de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO).
Ce travail comprenait de nombreux dessins précis des temples ainsi qu’une magnifique collection de photographies prises lors des fouilles.
Des inscriptions en sanskrit et en vieux cham datant du Ve au XIIe siècle furent découvertes sur 32 stèles à Mỹ Sơn et publiées.
Certaines des statues et lingas-yoni les plus précieuses furent envoyées au Musée de Sculpture Cham pour être conservées.
🚧 Les premières restaurations du site commencèrent en 1937 sous la direction des archéologues français.
⚔️ Pendant la guerre du Vietnam, Mỹ Sơn fut utilisé comme base militaire par les forces de résistance.
💣 En août 1965, le site subit de violents bombardements.
🏛 De nombreux temples et sculptures, qui avaient traversé les siècles, furent détruits, et aujourd’hui il ne reste que des vestiges partiels.
Après la fin de la guerre, en 1979, le gouvernement vietnamien classa Mỹ Sơn comme site national d’importance exceptionnelle et lança un vaste programme de restauration et de préservation des temples cachés dans la jungle.
Grâce aux photographies et dessins réalisés par Henri Parmentier et les archéologues français, des équipes de restauration venues de Pologne, du Japon, d’Allemagne, d’Italie et d’Inde purent reconstruire certaines parties des temples, en respectant les formes architecturales originales de l’époque du royaume Champa.
En 1999, l’UNESCO inscrivit le sanctuaire de Mỹ Sơn sur la liste du patrimoine mondial.